Poems by Jamal Karougar

Επιμέλεια: Εύα Πετροπούλου Λιανού

سماء بلا سماء
بقلم جمال گروگار المغرب Jamal Garougar //Maroc

في البدءِ كانت القصيدةُ دمعةً في فمِ النور،
لكنّ الإنسانَ سرقَ المعنى من الملائكة.

مشى على ترابِ اللهِ منتعلًا رمادَ إخوته،
وأقامَ من جماجمِهم سلّمًا نحوَ الغرور.

كلُّ قرنٍ جثّةٌ جديدةٌ للزمن،
والتاريخُ حفّارُ قبورٍ يُتقنُ كتابةَ العناوين.

في سريبرينيتسا، في راوندا، في غزة، في صبرا،
الدمُ واحدٌ… يتكلمُ بكلِّ اللغات.

من يعلّمُ الكواكبَ الحزن؟
كلُّ نجمةٍ تسقطُ حين تُفتحُ مقبرة.

يا ابنَ الطين،
كم مرّةً ستعيدُ صياغةَ الجريمة باسمِ الإله؟

الموتُ لم يعُدْ قدرًا،
صارَ قرارَ مجلسٍ في مدينةٍ بعيدةٍ لا تعرفُ الجثث.

في كلِّ طفلٍ ناجٍ،
يختبئُ نبيٌّ خائفٌ من العودةِ إلى السماء.

تغسلُ الأمُّ قميصَ ولدِها بالدموع،
لكنّ اللونَ لا يزول.

حتى الصمتُ صارَ مسيّسًا،
والحزنُ يُبثُّ مع فواصلِ الأخبار.

هل يسمعُ اللهُ هذا البثَّ المباشر؟
أم أنَّ السماواتِ أيضًا تحتاجُ تحديثًا؟

القصيدةُ آخرُ شاهدٍ على الإنسانية،
كلُّ بيتٍ منها مقبرةٌ تُزهرُ بالأسئلة.

يا أيها القتيلُ في الغياب،
ها نحنُ نعيشُ لنُبرّر موتَك بالنظريات.

يقولُ الحجرُ:
لقد شبعتُ من دمِ الأنبياء، دعوني أنام.

تحتَ كلِّ شمسٍ جديدةٍ
ينامُ قاتلٌ على وسادةِ تبريرٍ أخلاقي.

وفي كلِّ حلمٍ تُساقُ الأممُ إلى الذبحِ كالأفكار.

الرمادُ هو الذاكرةُ التي لم تحترقْ بعد،
يسردُ فصولَ ما نسيناه من الوجع.

يا إنسانَ القرنِ الواحدِ والعشرين،
كم جثمانًا تحتاجُ لتشعرَ أنكَ حيّ؟

السماءُ صامتةٌ… ربما من الخجل،
فحتى الإلهُ لا يجدُ كلماتٍ جديدةً للعزاء.

وحين صمتتِ الكواكب،
عرفتُ أنَّ الوجودَ قصيدةٌ نسيَ شاعرُها أن يُنهيها.

Traduction: Gj

Ciel sans ciel

Au commencement, le poème était une larme sur la bouche de la lumière,
mais l’homme vola le sens aux anges.

Il marcha sur la poussière de Dieu, chaussé des cendres de ses frères,
et érigea de leurs crânes un escalier vers l’orgueil.

Chaque siècle est un cadavre nouveau pour le temps,
et l’histoire, fossoyeuse, excelle à écrire les titres.

À Srebrenica, à Rwanda, à Gaza, à Sabra,
le sang est unique… il parle toutes les langues.

Qui apprend aux étoiles à pleurer ?
Chaque étoile tombe lorsqu’une tombe s’ouvre.

Ô fils de l’argile,
combien de fois refaçonneras-tu le crime au nom de Dieu ?

La mort n’est plus un destin,
elle est devenue la décision d’un conseil dans une ville lointaine qui ignore les corps.

Dans chaque enfant survivant,
un prophète se cache, craignant de retourner au ciel.

La mère lave le vêtement de son fils avec des larmes,
mais la couleur ne disparaît pas.

Même le silence est politisé,
et la douleur se diffuse dans les bulletins d’information.

Dieu entend-il ce direct ?
Ou bien les cieux ont-ils eux aussi besoin d’une mise à jour ?

Le poème est le dernier témoin de l’humanité,
chaque vers est un cimetière qui fleurit de questions.

Ô mort oublié,
nous vivons pour justifier ton décès par des théories.

La pierre dit :
« J’ai trop bu du sang des prophètes, laissez-moi dormir. »

Sous chaque nouveau soleil,
un meurtrier dort sur l’oreiller de sa justification morale.

Et dans chaque rêve, les nations sont conduites à l’abattage comme des idées.

Les cendres sont la mémoire qui n’a pas encore brûlé,
elles racontent les chapitres de notre oubli de la douleur.

Ô homme du vingt-et-unième siècle,
combien de cadavres te faut-il pour sentir que tu es vivant ?

Le ciel se tait… peut-être par honte,
car même Dieu ne trouve plus de mots pour le réconfort.

Et quand les planètes se turent,
j’ai compris que l’existence est un poème dont le poète a oublié de terminer les vers.

Jamal Karougar
Morocco

polismagazino.gr