Rachida Belkacem: “Mémoire de poussières”

Επιμέλεια: Εύα Πετροπούλου Λιανού

Il y a des maisons qui ne sont plus des foyers.
Seulement des chambres pleines de silences,
où la poussière garde la mémoire des douleurs qu’on n’a jamais nommées.

Je viens de là.
D’une lignée où les ombres savaient parler plus fort que les mots,
où l’on apprenait tôt à se tenir droit
au milieu des tempêtes invisibles.

Longtemps j’ai cru que l’on héritait des blessures
comme on hérite d’un nom.

Mais un jour, j’ai compris ceci :
la poussière du passé ne fait pas une destinée.
Elle est seulement la trace de ce qui s’est effondré.

Alors j’ai ouvert les fenêtres de l’âme.
J’ai laissé entrer ma lumière.
Et face aux ombres anciennes, j’ai choisi de ne plus fuir.

Car certains êtres ne sont pas faits pour porter la nuit.
Ils sont faits pour la traverser.

Et quand ils marchent enfin hors des ruines,
ils découvrent que leurs cicatrices
étaient déjà des étoiles en train de naître.

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